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Bruits de coulisses

Le Gaulois – Samedi 6 mars 1869

Hier a eu lieu la répétition générale de Vert Vert.

La pièce est jolie, les auteurs ont peu modifié celle que jouait Déjazet il y a quarante ans.

Quant à la partition c’est, la meilleure de toutes celles données par Offenbach à l’Opéra-Comique.

Le succès est assuré.

Trois femmes charmantes en costume de pensionnaires : robes blanches ornées de rubans bleus, ce sont Mmes Moisset, Cico et Tual.

Capoul Vert-Vert, jeunet, fluet, mignon, a un costume vert et gris-perle, un vrai Capoul de vieux saxe pour étagère que je recommande à la manufacture de Sèvres ; il chante à ravir. Couderc, en maitre de danse, est certain d’un vrai succès ; c’est un Vestris de province adorable, admirablement costumé qui donne une leçon de danse dans le jardin du pensionnat, pochette en main, exécutant pavanne [1], menuet, gavotte, fricassée tout en chantant sa leçon.

Celui qu’on a appelé le Bressant de l’Opéra-Comique est élégant comme celui de la Comédie-Française.

IL n’est pas moins exquis dans le côté amoureusement comique de son rôle. Il y a surtout une scène dans laquelle la sous-directrice du pensionnat, Mmes Révilly, lui donne la clef du jardin, qui est excessivement réussie et bien jouée.

Potel est un excellent dragon gascon, Gaillard un beau gaillard, qui a une belle voix, et Leroy se fait remarquer dans un rôle un peu effacé.

Mme Girard est également bien.

La répétition a marché supérieurement et cependant Offenbach n’est pas satisfait, il a voulu une deuxième répétition pour faire quelques coupures. La première représentation aura lieu lundi sans faute.

François Oswald.

[1Sic.

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