Hier a eu lieu la répétition générale de Vert Vert.
La pièce est jolie, les auteurs ont peu modifié celle que jouait Déjazet il y a quarante ans.
Quant à la partition c’est, la meilleure de toutes celles données par Offenbach à l’Opéra-Comique.
Le succès est assuré.
Trois femmes charmantes en costume de pensionnaires : robes blanches ornées de rubans bleus, ce sont Mmes Moisset, Cico et Tual.
Capoul Vert-Vert, jeunet, fluet, mignon, a un costume vert et gris-perle, un vrai Capoul de vieux saxe pour étagère que je recommande à la manufacture de Sèvres ; il chante à ravir. Couderc, en maitre de danse, est certain d’un vrai succès ; c’est un Vestris de province adorable, admirablement costumé qui donne une leçon de danse dans le jardin du pensionnat, pochette en main, exécutant pavanne [1], menuet, gavotte, fricassée tout en chantant sa leçon.
Celui qu’on a appelé le Bressant de l’Opéra-Comique est élégant comme celui de la Comédie-Française.
IL n’est pas moins exquis dans le côté amoureusement comique de son rôle. Il y a surtout une scène dans laquelle la sous-directrice du pensionnat, Mmes Révilly, lui donne la clef du jardin, qui est excessivement réussie et bien jouée.
Potel est un excellent dragon gascon, Gaillard un beau gaillard, qui a une belle voix, et Leroy se fait remarquer dans un rôle un peu effacé.
Mme Girard est également bien.
La répétition a marché supérieurement et cependant Offenbach n’est pas satisfait, il a voulu une deuxième répétition pour faire quelques coupures. La première représentation aura lieu lundi sans faute.
François Oswald.