Les habitués du Théâtre-Français de New-York ont écrit au directeur, M. Grau, la lettre suivante :
« New-York, 8 mars 1869.
« Cher Monsieur,
« Nous ne voulons pas que la campagne actuelle se termine, sans vous offrir un témoignage de notre gratitude pour l’énergie et l’habileté déployées par vous dans la direction du Théâtre-Français.
« Vous avez fait représenter les œuvres des auteurs les plus populaires du jour, avec un luxe inconnu dans ce pays. Vous avez remanié le théâtre à vos frais, de façon à en faire non-seulement une des salles les plus agréables de la ville, mais une des plus sûres.
« Tous ces efforts sont aussi vivement appréciés par le public que par nous. C’est pour les reconnaître que nous désirons vous offrir, sous la forme substantielle d’un bénéfice qui aura lieu le jour que vous indiquerez, un témoignage de notre estime.
« Agréez, etc.
M. Grau a répondu
« Messieurs,
« J’ai l’honneur de vous accuser réception de votre lettre si flatteuse du 8 courant, m’offrant une représentation à mon bénéfice en témoignage de votre appréciation des efforts faits par moi pour assurer au Théâtre-Français une position exceptionnelle.
« Laissez-moi vous remercier sincèrement de vos éloges, et soyez assurés de mon unique ambition sera de mériter votre estime.
« Bien qu’il soit contre mes principes d’accepter des bénéfices, je ne saurais refuser le témoignage de gratitude qui m’est offert si généreusement par les habitués du Théâtre-Français et qui sera toujours pour moi un très agréable souvenir.
« Je choisis, en conséquence, le lundi de Pâques, 29 mars, pour le jour de la représentation à mon bénéfice, et, à cette occasion, j’aurai l’honneur de faire représenter, pour la première fois, en Amérique, la Vie Parisienne d’Offenbach.
« Croyez-moi, monsieur, etc.
« J. GRAU. »
M. Grau donnera à New-York huit représentations de la Vie Parisienne, qu’il intitule Nuits d’adieu, pendant lesquelles les entrées de faveur seront généralement suspendues, exceptés pour les journalistes.
Ces Yankees comprennent les égards qu’on doit à la presse ; quelques directeurs parisiens feraient bien d’aller à leur école.
On va jouer aux Bouffes, deux petites pièces en un acte qui ne paraîtront sur l’affiche que les dimanches, jours où l’on ne donne pas la Diva, Offenbach ayant un traité qui interdit à M. Noriac, le droit de ne faire accompagner sa pièce que d’un lever de rideau de lui.
Histoire de toucher tous les droits de la soirée, et je comprends cela, la Diva faisant toujours le maximum des recettes.
François Oswald.