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Petites tablettes

Le Figaro – Dimanche 23 juillet 1865

Jacques Offenbach est depuis un mois à Ems, dirigeant les répétitions de Coscoletto, opéra en deux actes, écrit tout exprès pour l’aristocratique société qui donne ses préférences aux bords de la Lahn. Toute la chronique d’Ems peut se résumer cette semaine dans Coscoletto, l’attendu, le demandé, le désiré, l’applaudi, et dont le succès, si j’en crois l’Eté, a dépassé l’attente des plus fervents amis du maëstro. La soirée du 16 juillet restera mémorable entre toutes dans le souvenir de l’heureux auteur de tant de petits chefs-d’œuvre, qui survivront aux engouements d’un jour.

Maître Jacques conduisait lui-même son orchestre, bravement, à la mode allemande, et soyez sûrs que son cœur battait la mesure autant au moins que son archet. Rappels, bravos frénétiques, bouquets, ovation, rien n’a manqué à l’expression enthousiaste des auditeurs électrisés. On a bissé la sérénade, bissé la tarentelle, bissé la ronde, on aurait tout bissé si les pauvres chanteurs n’eussent pas demandé grâce. J’espère bien que nous verrons Coscoletto cet hiver aux Bouffes-Parisiens, et que nous n’aurons qu’à ratifier l’arrêt artistique rendu par le noble parterre du plus mignon des théâtres

Jacques Offenbach s’est dérobé le plus vite possible à son triomphe pour ne pas mourir sous les fleurs.

Le soir de son départ, une sérénade aux flambeaux lui a été donnée par les musiciens du théâtre, et la foule des baigneurs réunis sur la terrasse applaudissait encore que l’heureux maëstro était déjà loin.

X.

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