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Critique musicale

Le Temps – Mardi 2 décembre 1873

FEUILLETON DU TEMPS DU 2 DÉCEMBRE 1873

La Belle parfumeuse, opéra-comique en trois actes, paroles de MM. H. Crémieux et E. Blum, musique de M. Offenbach. – Concerts Pasde-loup [1] : Dans la forêt, symphonie de M. Raff ; la musique descriptive en Allemagne ; Marche au supplice, par Berlioz ; Divertissement de M Lalo. – Concert national. Société Bourgault-Ducoudray. – La musique et les philosophes, par M. Jullien. – Mélodies de M. V. Massé. – Musique et musiciens, par M. de Charnacé. – Publications diverses.

Le théâtre de la Renaissance paraît tenir enfin un vrai succès. On dit que la pièce de la Belle Parfumeuse est un arrangement d’une pièce ancienne ; c’est assez l’usage aujourd’hui. L’ouvrage tient le milieu entre l’opéra-comique et l’opéra-bouffe ; très probablement la Fille de Mme Angot en a donné l’idée. L’action commence aux Porcherons : Rose Michon vient d’épouser son cher Bavolet, qui a un oncle riche, le baron de la Cocardière. Mais la protection que leur accorde celui-ci n’est pas désintéressée au lieu de conduire la mariée au domicile conjugal, il la mène dans son hôtel. Des danseuses du Théâtre-Italien, avec lesquelles le baron est au mieux, viennent traverser l’intrigue ; Rosé elle-même prend le costume et les manières d’une danseuse à laquelle elle ressemble ; on soupe, Bavolet s’y laisse prendre comme d’autres, et, à la fin du second acte, le rideau tombe sur trois couples parfaitement assortis. Le troisième acte est court et la fin se devine.

La musique de M. Offenbach est tantôt fine délicate et comique ; tantôt bouffe, dans la manière qui a fait ses plus grands succès. Des réminiscences s’y mêlent comme d’habitude mais comme d’habitude aussi, aux premières représentations il y a quelques longueurs, particulièrement au second acte, et des plaisanteries trop accentuées ; on les fera disparaître.

Mme Théo et Mlle Laurence Grivot remplissent à la Renaissance les rôles que Mmes Judic et Peschard jouent aux Bouffes-Parisiens, et elles les remplissent fort bien. Bonnet et Mlle Fonti ont leur part du succès, ainsi que Daubray, à qui il ne manque que la voix pour chanter.

(...)

J. WEBER.

[1] Sic.

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