Un parle déjà de reprendre, au Théâtre des Variétés, sous la direction de M. Bertrand, les Brigands, d’Offenbach.
De son côté, M. Noriac, des Bouffes-Parisiens, nous rendra, le mois prochain, la Princesse de Trébizonde, du même. Nous n’en serons nullement fâché, pour notre compte.
L’occasion nous parait bonne pour faire connaître un peu notre avis sur le genre de l’opérette, dont on a dit beaucoup trop de mal, nous ne savons pourquoi.
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On a supprimé les couplets, on a ainsi supprimé le Vaudeville. Mais pourquoi bannirait-on la musique ? et pourquoi nos théâtres de genre n’auraient-ils pas une musique à eux ; et pourquoi cette musique vive, légère, amusante et folle serait-elle proscrite au nom de la dignité de l’art, ce qui est un non-sens et une absurdité, parce que l’art s’arrange de toutes les fantaisies et ne s’effarouche nullement de la gaieté et de l’esprit.
Faisons bon accueil à l’opérette ; nous lui devons de bien douces et charmantes distractions ; elle nous en réserve encore pour l’avenir, du moins MM. Bertrand, Noriac et Offenbach nous l’assurent.
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Du reste, Offenbach ne se bornera pas à nous faire entendre ses anciens ouvrages cet hiver.
Croyez bien qu’il n’a pas renoncé à Fantasio, ni l’Opéra-Comique non plus. Attendez un peu et vous pourrez voir si Alfred de Musset et Offenbach font bon ménage.
Achille Denis