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Les auteurs, eux aussi, sont encore dispersés :
Offenbach siffle sur la terrasse de Saint-Germain les airs de Madame l’Archiduc. Sardou, de Marly, correspond avec Lecocq et lui envoie par petites portions les morceaux des Prés Saint-Gervais. Hector Crémieux est à Deauville, au sein de sa famille, et y met la dernière main à sa nouvelle famille, La famille Trouillac.
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Jules Prével
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Disons d’abord que Mlle Wanghell après avoir obtenu un succès immense dans la Fille de Madame Angot, à Bordeaux, est allée se reposer quelques jours à Biarritz. Cette jeune et aimable artiste doit être arrivée à Paris hier pour répéter la Vie Parisienne, aux Variétés, qui ouvriront le 15 août.
Dans cet opéra-bouffe d’Offenbach doit débuter Mlle Julia Georges.
Mlle Julia Georges arrive de Marseille, elle a fait ses premiers pas comme musicienne dans les chœurs de la Porte-Saint-Martin et de l’Opéra-Comique. Un mélomane parisien lui a donné des maîtres, mais c’est un mélomane marseillais qui aura toutes les émotions de ses débuts.
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Tandis qu’on croyait Offenbach tranquillement installé à Aix, le maestro était à Milan, assistait aux examens de la classe de danse de la Scala et engageait toute une nuée de jolies ballerines qui connaissent à fond leur art en vraies italiennes qu’elles sont.
Donc, à la date du 12 août prochain, jour fixé pour la première représentation du nouvel acte d’Orphée, Offenbach présentera au public parisien une troupe chorégraphique.
C’est, d’abord, la Christina-Roselli – de Naples – une étoile de dix-sept ans, qui, dit-on, rappelle la regrettée Bozzacchi. Plus, quatre premières danseuses : Mlles Vittorina Fontabello ; la Rosina Brambilla, une brune des plus piquantes ; Mmes Léontine Vernet et Pelletier, qui doivent soutenir le pavillon français dans cette lutte de sylphides.
Deux secondes premières danseuses : Mmes Enrichesta Mauri et Marie Gardès ; quatre secondes danseuses : Mmes A. M. Masconi, Solari, Servadoni et Herbuneau. Enfin, 18 coryphées venant de Naples, Milan, Florence, Paris ; vingt-quatre dames du corps de ballet, quatorze enfants et trente-deux marcheuses.
Une classe de danse régulière vient d’être instituée au théâtre de la Gaité afin d’entretenir journellement la légèreté de ce petit monde là.
Nous avons dit que la première apparition de toutes ces danseuses aurait lieu dans le nouvel acte d’Orphée.
Cet acte, la huitième merveille du monde si on en croit les indiscrétions, est par lui-même un grand ballet en plusieurs tableaux, prenant la place du ballet des mouches, entre l’Olympe et l’Enfer.
Il a été conçu par le peintre Froment et l’habile machiniste Godin, auxquels on doit déjà le pays des oiseaux de la Chatte blanche.
Il se compose de 10 tableaux dont voici le détail :
1er tableau – le Lac,
2e » – l’Inondation,
3e » – l’Orage,
4e » – la Grotte enchantée,
5e » – le Fond de la mer,
6e » – Revue des poissons,
7e » – Réveil d’Amphitrite,
8e » – l’Atlantide (ville sous-marine), cortège des Atlantes, pieuvres et tritons. Grand ballet.
Les Argonautes – ensemble.
Algues et Fleurs – pas de quatre.
Les Chevaux marins – polka d’ensemble.
La Perle – soli.
Les Océanides – Adage, – Final.
9e » – les Roseaux diamantés.
10e » – le Triomphe de Neptune. Apothéose.
Grevin a dessiné 450 costumes, et Offenbach vient de prendre sa meilleure plume pour écrire de nouveaux airs de ballet, qui ne seront pas l’un des moindres attraits de cet acte-événement.
Gustave Lafargue.