Lundi 24 mai 1869
Londres, jeudi 20.
Mon cher collaborateur,
Il y a quelques années, me trouvant à Kœnigsberg, à l’occasion du couronnement du roi Guillaume de Prusse, je fus témoin d’un spectacle que je considérai à cette époque comme le dernier mot de l’insanité humaine en matière d’art dramatique.
On jouait Orphée aux Enfers au théâtre royal de Kœnigsberg – non pas l’Orphée aux Enfers que nous avons vu aux Bouffes, et que Désiré et Léonce rendaient si désopilant, mais un Orphée aux Enfers (…)
Orphée aux Enfers
Mardi 25 mai 1869
A New-York, mademoiselle Tostée a donné le 1er mai, à son bénéfice, une représentation où elle a joué le premier acte de la Grande Duchesse, le deuxième acte de la Belle Hélène et M. Choufleury.
Dans cette dernière pièce, elle a exécuté un concerto de Herz.
Quatre jours avant la représentation, au départ du courrier, la location avait atteint le chiffre insensé de dix mille dollars, plus de « cinquante mille francs », à ce qu’assurent les correspondances.
Jules Prével.
La Grande-Duchesse de Gérolstein
Monsieur Choufleuri restera chez lui…
La Belle Hélène
Mercredi 26 mai 1869
C’est hier qu’a eu lieu, à la Gaité, la première série – style de cour – des auditions nécessitées par les nombreux personnages de la Chatte blanche.
(...) * * *
Parmi les chanteurs applaudis, nous citerons :
(...)
Mademoiselle, Desnoyer, fille du feu directeur de l’Ambigu, qui a fort bien chanté les couplets de la petite Boulotte de Barbe-Bleue ;
Mademoiselle Paola Marié, sœur de mesdames Galli et Irma Marié, qui a divinement soupiré la romance de la Chanson de Fortunio.
(...) (…)
Barbe-Bleue
La Chanson de Fortunio
Jeudi 27 mai 1869
Madame Ugalde a fait ses adieux au public marseillais devant une salle comble.
Elle a chante Galathéa. Rappels, bouquets, bis, rien n’a manqué à la petite fête.
Depuis trois jours, madame Ugalde est à Lyon ; elle adonné la Périchole trois fois de suite ; concluez : grand succès.
Gustave Lafargue.
La Périchole
Samedi 29 mai 1869
Ce soir :
(...)
A l’Opéra-Comique, début d’une élève de Duprez, mademoiselle Fogliari, dans Vert-Vert, rôle de Mimi ;
(...)
Jules Prével.
Vert-Vert
Dimanche 30 mai 1869
Samedi dernier, à Berlin, représentation du Château à Toto, avec un immense succès.
Offenbach a cet avantage sur nos candidats à la députation, c’est qu’il est l’élu de toutes las nations.
Gustave Lafargue.
Le Château à Toto
Lundi 31 mai 1869
Vendredi, à l’Opéra-Comique, début de mademoiselle Foliari – lisez Feuillard – dans le rôle de Mimi de Vert-Vert.
La jeune débutante est une brune piquante qui joue parfaitement. Son émotion était telle que vraiment on pourrait être taxé de sévérité si on la jugeait à cette première audition.
Sa voix est un peu pointue ; bonne méthode, mais beaucoup d’inexpérience.
En sortant du théâtre, voici ce que nous avons entendu :
– Que pensez-vous de Foliari ?
– Moisset est bien jolie. (…)
Vert-Vert
Mardi 1er juin 1869
(...)
Je vois poindra à notre horizon des causes fort curieuses à juger :
C’est un jour Sarcey contre Paul Meurice, – Offenbach contre Hervé, – peut-être Henri Rochefort contre le second Empire, – la Marseillaise contre l’ordre public. Nous verrons bien, il n’en manque pas.
(...)
Sancho-Pança.
Mardi 1er juin 1869
(...)
Mais, quand je pense que cet héroïque Ponroy a fait jouer un drame aulique, et en vers, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens !...
Candeur sublime, qui touche à la démence ! Et cependant, nul n’est plus doux, plus sensé, plus uni que ce philosophe pratique, qui cultive tranquillement son champ sur les bords de l’Indre, et à qui je ne connais qu’un travers répréhensible : c’est de rêver, toutes les nuits, qu’il égorge Offenbach, et qu’il boit le sang de ce mélodiste dans la coupe (…)
Mercredi 2 juin 1869
Samedi a eu lieu aux Bouffes la dernière représentation de mademoiselle Schneider.
Dimanche et lundi, mademoiselle Fonti a joué le rôle de la Diva, pour la clôture annuelle du théâtre.
Auiourd’hui même, la troupe part pour Bordeaux, où la première représentation des Bouffes aura lieu jeudi au Grand-Théâtre.
Jules Prével.
Mercredi dernier, il y avait soirée et spectacle chez M. de la Trémouille (rien de Patrie !)
Les deux colonels de la Diva, Bonnet et Jean-Paul, introduits par (…)
La Diva